Maintenance des variétés exploitées dans le sud

Une femme ayant mis en place une parcelle de production de mil

Maintenance des variétés exploitées dans le sud et la production de semences de cultures adaptées au changement climatique

L’enjeu de la diversité agricole est crucial pour la sécurité alimentaire et le développement agricole des régions Androy et Anosy. Les variétés locales, rustiques et très demandées par les paysans manquent de semences car à force de semer à plusieurs reprises dans leurs champs, les paysans n’ont plus de stocks de semences chez eux. Au moment de semis, ils vont s’approvisionner vers les marchés locaux avec des grains de mauvaise qualité, pourtant achetés très chers. Et souvent par faute de moyens financiers, les petites exploitations sont obligées de semer les grains, distribués par les projets d’urgence, ou des grains venant d’autres régions, qui, souvent ne s’adaptent pas aux conditions climatiques de la région. Ainsi, ils n’auront pas de récoltes ni de vivres pour la consommation.

Face à ces problèmes, de nombreuses activités ont été conduites ces dernières années en ce sens, en partenariat avec des structures de recherche nationales et internationales, ONG et représentants des paysans. Elles ont permis de sélectionner et améliorer un grand nombre de variétés locales performantes (résistance à la sécheresse, aux maladies…) et d’obtenir leur reconnaissance juridique, à certaines conditions, liées à des procédures de maintenance.

37 variétés locales à usage agricole ont été identifiées avec les paysans et ont été caractérisées. Elles sont actuellement homologuées et maintenues suivant les procédures définies dans le système des semences de qualité déclarée de l’Androy – Anosy mis en place par les autorités compétentes. La maintenance de ces variétés est conduite par le CTAS, mainteneur officiel. Cette activité requiert pour chacune des variétés d’être cultivée sur au moins 2500 m² chaque année. En l’absence de cette maintenance, chaque variété est considérée comme disparue et nécessitera de nouveau plusieurs années de travail pour être à nouveau recréé et réenregistrée. Aucune production de semences certifiée de cette variété ne sera légale. Aucun acteur ne pourra ni les commander, ni les distribuer auprès des populations locales. En conséquence, les petits agricoles n’auront plus accès à des semences de qualité de variétés locales.

Par ailleurs, environ 70 espèces destinées à devenir des variétés, fournies par plusieurs centres de recherche internationaux (ICRISAT, CIMMYT, CIRAD) sont en phase de multiplication pour des tests en milieu paysans. Elles ont été importées dans le cadre de projet de sécurité alimentaire, raison de quelques grammes par variétés en 2016-2017. Elles doivent encore être multipliées avant d’être testées en milieu paysan. A l’issue de ces tests, les plus performantes seront inscrites dans le système de production de semences de l’Androy Anosy. Ces variétés visent à permettre aux paysans de disposer de variétés plus résistantes aux conditions de sécheresse, plus riche en éléments nutritifs, plus résistants aux attaques d’insectes.

La convention entre la GIZ et le CTAS, financée par la GIZ, cible en tout 3 000 bénéficiaires utilisateurs de semences. 250 paysans multiplicateurs de semences (PMS) et 10 boutiques d’intrants seront appuyés. 250 ha seront mis en place au niveau des paysans permettant de produire 50 tonnes de semences. Les 37 variétés locales seront maintenues et 70 variétés introduites récemment multipliées au niveau de Centre de Production de Semences d’Agnarafaly (CPSA), un centre géré par le CTAS.