AFAFI URGENCE

Programme d’Appui au Financement de l’Agriculture et aux Filières Inclusives dans le Sud et le Sud-Est de Madagascar

Etendue sur une superficie de 19.538 km² (3,33% de la superficie totale du pays), la Région Androy compte une population estimée à 760 887 habitants en 2018. Sa population est relativement jeune et à majorité rurale. Les tendances démographiques actuelles confirment le doublement de population tous les 20 ans, avec le taux d’accroissement moyen de 2,9 % par année. Comme dans toutes les Régions de Madagascar, l’augmentation de la production n’a pas suivi celle de la population, notamment en ce qui concerne les produits de base comme le riz et les aliments de substitution : manioc, maïs, etc.

La vulnérabilité est exacerbée par les aléas climatiques. Les régions du Sud sont régulièrement touchées par de graves sécheresses. Principalement dépendante de l’agriculture pluviale, la population rurale de la Région subit depuis 3 années consécutives des conditions pluviométriques critiques (moins de pluies, mauvaise répartition, etc.). Le rapport d’évaluation finale du programme ASARA avance que 93% de la superficie de l’Androy et 44% de l’Anosy sont menacées voire déjà atteintes par les processus de désertification Ceci a une incidence directe sur la sécurité nutritionnelle de la population.

Depuis 2020, la grave sécheresse qui frappe ces régions a encore amplifié ces problèmes. Ainsi en 2021 dans de nombreuses communes, 94% de la surface agricole présente un retard important de croissance, tandis que la production agricole a chuté d’au moins 70% par rapport à la production attendue.

En conséquence, l’insécurité alimentaire a atteint une situation extrêmement critique dans 5 districts (Amboasary, Ambovombe, Beloha, Tsihombe, Ampanihy). Mi-2021, plus d’un million de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence, et plus de 135.000 enfants âgés de 6 à 59 mois souffrent de malnutrition aiguë, dont plus de 27.000 souffrant de malnutrition aiguë sévère. Cette dégradation de la situation nutritionnelle s’est traduite par une augmentation des admissions des cas de malnutrition aigüe sévère dans les structures de santé de 238% par rapport à la même période en 2020.

En conséquence du déficit pluviométrique, des vents de sable, et de la faible production agricole qui en a résulté, de la destruction des boutures et de l’épuisement des semences et autres intrants agricoles, l’insécurité alimentaire a atteint une situation extrêmement critique, et la crise humanitaire déclarée va se prolonger et s’amplifier au-delà de 2021, avec des risques jusqu’en Juin 2022, selon l’anticipation des équipes Action Contre la Faim.

Ainsi, le nombre de districts dans la phase d’urgence (phase 4) de l’IPC sur l’insécurité alimentaire aiguë est passé de 2 (Amboasary et Bekily en décembre 2020) à 5 (Amboasary, Ambovombe, Beloha, Tsihombe, Ampanihy). Plus d’un million de personnes (en IPC 3 & 4) ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence (contre 554 000 en Novembre 2020). L’IPC estime déjà que, entre octobre et décembre 2021, près de 30.000 personnes dans le district d’Amboasary seront en situation de pré-famine (IPC 5). Le niveau d’assistance humanitaire sera déterminant pour éviter que la situation ne se dégrade davantage durant l’année à venir.

Cette situation est de plus est une menace directe pour la pérennité et la réussite des activités menées par les associations demandeuses et les autorités malgaches dans le cadre du programme AFAFI Sud sur les lots 1, 2 et 3. Dans le but de soutenir les communautés bénéficiaires du programme, confrontées à des circonstances climatiques dramatiques, elles se proposent de mener des activités d’assistance alimentaire afin de mitiger les conséquences de la sécheresse sur les progrès réalisés pendant le programme AFAFI Sud.

Face à une telle situation, l’action portée par ACF et ses partenaires AIM, Gret, CTAS et AVSF, vise :

  • d’une part à faire face aux besoins alimentaires des ménages en situation alimentaire critique de la zone d’Afafi. Ces actions d’urgence à court terme ne peuvent pas couvrir l’intégralité des besoins des ménages de la zone, mais elles s’inscrivent en complémentarité des appuis déjà fournis par d’autres
  • d’autre part à initier des actions de sécurité alimentaire et de relèvement économique afin de stabiliser les conditions de vie des ménages et de leur permettre de s’impliquer pleinement dans les activités prévues dans le cadre d’Afafi Sud : distribution de semences, reconstitution des blocs agroécologiques, déparasitage et vaccination de petits ruminants et volailles, dotation de
  • La dimension environnementale est prise en compte dans la reconstitution des blocs agroécologiques. Ceux- ci contribuent à l’alimentation des populations et fournissent du bois de chauffe, ressource rare de combustible dans cette région en très grande partie déforestée. Ils permettent de créer des haies vives ou brise vent protégeant les cultures annuelles contre les vents secs. Ainsi, ils restaurent la fertilité des sols dégradés, augmentent l’infiltration de l’eau de pluie dans le sol, garantissant ainsi une meilleure croissance des Enfin, les blocs agroécologiques fournissent des fourrages pour les animaux. L’introduction de l’approche agroécologique (association/rotation de cultures, utilisation d’engrais biologiques et de biopesticides, sous couverture végétale…) dans les formations sur les pratiques culturales permettra de régénérer la fertilité du sol, tout en augmentant la productivité des sols. Grace à l’action, 500 ha de blocs agroécologiques seront ainsi restaurés, et 5 000plants d’acacia auriculoformis seront plantés.
  • Par ailleurs, étant donné les bonnes prévisions pluviométriques pour début Décembre 2021 dans le Sud de Madagascar, le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage (MINAE) a réalisé une réunion d’information auprès des PTF(s) sur la campagne nationale de culture de Sorgho dans le sud au cours de la troisième semaine du mois de novembre A la suite de cette réunion, une note à tous les intervenants dans la Région Sud a été établie par le MINAE pour contribuer à la campagne de Sorgho dénommée « Opération SOSOA ». Pour la zone d’intervention du Consortium ACF/AIM dans AFAFI SUD Lot 2 (Bekily), il a été proposé que le consortium intervienne dans les fokontany suivants :
    • Anja Nord 1, Andranonaondry, Mikaikarivo (commune de Anja Nord)
    • Ambasy, Mahabo, Mahasoa (commune de Belindo)
    • Ambatomainty haut, Sakoampolo (commune Ambahita)
    • Sakoandroa morafeno, Ankonatsy (commune Maroviro)
    • Beraketa centre, Analasoa, Mahazoarivo (commune Beraketa)
  • Les interventions du Consortium dans cette proposition de projet devront également toucher 130 ménages dans ces 05 communes pour cette campagne de culture du sorgho (variété IRAT 204) pour une surface de 65 Elles devront également inclure les activités : (i) l’approche agroécologique comme l’association de culture (de préférence avec du niébé) pour préserver le sol, la vulgarisation de la lutte biologique (ii) la vulgarisation de la technique du Zaï afin de restaurer le sol et d’accroître la productivité agricole de la zone d’intervention, (iii) l’approche HIMO pour les travaux communautaires relatifs à la relance agricole.
  • Pour cette opération SOSOA, la stratégie de ACF/AIM consiste en l’achat de 500 kg de semences de sorgho (variété IRAT 204). Cette dépense sera imputée sur le projet AFAFI SUD en cours pour éviter le retard vis- à-vis du calendrier cultural (semis au mois de décembre). Les communes d’intervention dans cette opération bénéficieront chacune de 000 HJ de travaux communautaires de labour sous forme HIMO, pour aménager les parcelles de semis pour le sorgho.
Groupes cibles et bénéficiaires finaux

Les terroirs d’intervention seront choisis au sein de la commune selon (i) le potentiel d’aménagement (disponibilité en eau/surface agricole irrigable/bassin versant aménageable, potentiel forestier) des sites terroirs pré-identifiés par les communes, (ii) le nombre des ménages actifs au sein des sites, (iii) la proportion de vulnérables et les facteurs influant sur leurs conditions (accès aux services, durée de la période de soudure, niveau de dégradation des sols autrefois exploités, etc.), en concertation étroite avec la commune, le fokontany, la DRAE, la DRP, les CSB, etc. Les groupes cibles de l’Action sont des ménages agricoles affectés par l’insécurité alimentaire.

Les groupes cibles sont d’environ 4 450 ménages pour les districts de Tsihombe et Ambovombe et 1’750 ménages pour le district de Bekily, dont 150 ménages bénéficieront des appuis pour contribuer à l’opération “SOSOA” du Gouvernement.

Autant que possible les activités seront menées au sein d’un même terroir, afin de concentrer les efforts et créer des synergies entre les activités menées. C’est ainsi que les distributions d’animaux se feront en priorité auprès des producteurs des blocs agroécologiques ou aux alentours des groupements d’éleveurs impliqués dans l’amélioration génétique. Les bénéficiaires des travaux HIMO bénéficieront également de dotation de semences. Cependant certaines activités toucheront un public plus large. C’est le cas notamment des vaccinations et déparasitage des animaux : ils cibleront en priorité les éleveurs situés dans les blocs agroécologiques des districts

 

de Tsihombe et d’Ambovombe, ainsi qu’aux groupements déjà accompagnés par AVSF, mais les campagnes bénéficieront plus largement aux éleveurs des zones limitrophes. De même les distributions de farines infantiles bénéficieront aux enfants des familles cultivant sur les blocs agroécologiques, mais également à toutes les familles des 31 fokontany des sites terroirs de Tsihombe.

La nature des activités (notamment la vaccination/déparasitage), explique une plus grande dispersion des activités menées dans les communes de Tsihombe et Ambovombe, par rapport à celles conduites dans le district deBekily.

Les interventions dans les districts de Tsihombe et Ambovombe sont ainsi réparties selon le tableau ci-dessous. Les nombres de bénéficiaires sont provisoires, car ils dépendront du ciblage préalable.

 

 

Districts

 

Communes

 

Nutrition

 

Agriculture

 

 

Elevage

 

Nombre des bénéficiaires

 

 

Tsihombe

Imongy x x x 518
Nikoly x x 894
Tsihombe x x 700

 

Antaritarika

 

x

 

x

 

x

 

976

 

 

 

Ambovombe

 

Ambovombe

 

x

 

x

 

314

Maroalimainty x x 648
Antanimora x 100
Jafaro x 100
Sihanamaro x 100
Marovato Befeno x 100

 

 

Bekily

Anja Nord x 350
Maroviro x 350
Beraketa x 350
Belindo x 350
Ambahità x 350
TOTAL 6 200

 

Les principales parties prenantes, leur attitude vis-à-vis de l’action et toute consultation tenue.

  • L’Action sera mise en œuvre par le consortium ACF/AIM/GRET/AVSF/CTAS
  • L’ONG ACF, chef de file, apportera son expertise technique en matière de nutrition, EAH et MEAL. Présente dans le Grand Sud via de nombreux programmes d’urgence et de développement depuis 2012, elle assurera la coordination et la gestion globale du projet, et mettra en œuvre certaines activités.
  • Les ONG GRET, AIM, AVSF et CTAS, en tant que co-demandeurs, seront co-responsables de la mise en œuvre du
  • AIM est responsable de la mise en œuvre des activités en lien avec la relance agricole. La présente proposition relative à des activités d’urgence est une bonne opportunité pour compléter le projet AFAFI mis en œuvre Des échanges permanents de l’équipe du projet AFAFI avec les bénéficiaires, des consultations faites par les équipes de backstopping avec les intervenants et acteurs locaux (bénéficiaires, circonscription de l’agriculture, président de fokontany…) ont été faits. Ceci a permis d’orienter les réflexions de manière à ce que les activités proposées cadrent avec les besoins d’appui locaux.
  • Le GRET est présent dans la région Androy depuis 2005 où il œuvre dans le domaine de l’agriculture et de la Outre le projet Afafi Sud, il mène des actions d’urgence lorsque la situation le nécessite,

notamment il a apporté de l’aide alimentaire dans les fokontany d’intervention d’Afafi Sud grâce à l’appui de la Reunion. De ce fait il échange régulièrement avec les acteurs locaux sur leurs besoins et attentes, ainsi qu’avec les autres intervenants de la zone pour une complémentarité des appuis. Il coordonnera les activités dans les districts de Tsihombe et Ambovombe (menées par le CTAS, AVSF et le Gret). Il travaillera plus précisément sur les distributions d’aide alimentaire au sein des CAEM et apportera une expertise sur les questions agricoles.

  • Le Centre Technique Agro écologique du Sud (CTAS) a pour but de promouvoir la sécurité alimentaire et le développement économique et social du sud de Madagascar par la promotion des systèmes de production agro-écologiques adaptés au contexte du « Grand Sud ». Il sera responsable de l’accompagnement des producteurs dans la reconstitution de 500 ha de blocs agro-écologiques des districts de Tsihombe et Ambovombe, en collaboration avec le Gret.
  • Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) assumera le déparasitage et la vaccination des petits ruminants et des volailles des districts de Tsihombe et d’Ambovombe, ainsi que l’achat et la distribution de reproducteurs et l’accompagnement des éleveurs bénéficiaires.
  • Les autorités locales (maires, Président des Fokontany) et les services techniques déconcentrés (Directions Régionales, services techniques au niveau des districts), trouvent dans le projet l’opportunité de faire face à leurs responsabilités en matière : de suivi sanitaire, de développement agricole dont l’aménagement des bas-fonds, de reboisement, de gestion des ressources naturelles, d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Dans une logique d’appropriation et de pérennisation, et en cohérence avec ses compétences, la Commune sera le partenaire privilégié et permanent de l’Action, et sera accompagnée pour mobiliser les STD compétents, la population, et des ressources financières, et accroitre ainsi de façon durable sa contribution au développement du

-L’ORN et la Direction Régionale de la Population trouvent la complémentarité avec le projet dans leurs actions respectives sur les aspects sociaux, ciblage des bénéficiaires, etc.

  • Les communautés villageoises, groupes locaux et les services de proximité (agents phytosanitaires, boutiques d’intrants, paysans formateurs…) seront impliqués et renforcées pour l’aménagement des terroirs, pour apporter des réponses à la problématique de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire, contribuer à la réalisation d’ouvrages, la protection et la valorisation des ressources naturelles
  • Les structures locales : CSB, CAEM, Vétérinaires Sanitaires, MMAV (auxiliaires d’élevage), Brigades Phytosanitaires, Producteurs Multiplicateurs de Semences
  • Les autres projets : DEFIS financé par le FIDA, Pro ACT mis en œuvre par le FAO, PIC financé par la Banque Mondiale, UNICEF, PRADA mise en œuvre par la GIZ, FIRANGA et MAHARO de CRS etc. Le projet veillera à la coordination et à la recherche de synergie avec ces différents acteurs des deux Régions.
La logique d’intervention

La logique d’intervention de ce projet s’est basée sur les éléments suivants :

  • Complémentarité avec les autres interventions de la zone, notamment en matière d’aide Ainsi sur la zone d’intervention du Gret, au Sud du district de Tsihombe, CRS couvre une grande partie des besoins de la population en termes de vivres, et prend en charge les enfants malnutris modérés. Il y a également le programme Fiavota qui fait du cash transfert aux ménages les plus vulnérables. Cependant peu d’intrants ciblent spécifiquement les jeunes enfants, alors qu’ils ont des besoins nutritionnels spécifiques, et que beaucoup tombent dans la malnutrition. Seul CRS distribue du CSB dans quelques fokontany aux enfants de 6 à 18 mois. C’est pourquoi l’aide alimentaire du Gret se focalisera sur les enfants de 6 à 59 mois non couverts par les distributions des CRS, afin de prévenir la malnutrition.

De même ACF interviendra dans deux fokontany de Maroviro où actuellement il n’existe aucune intervention d’urgence. ACF y fera du cash inconditionnel à 100% des ménages.

  • Coordination avec les clusters : ACF est membre du cash working group, le Gret et ACF sont membres du cluster SAMS / CWG, dans lesquels les différents ministères (MINAE, MPPSPF, MINSAN, BNGRC) ainsi que les ONGs partenaires et les agences des Nations Unies (OCHA, WFP,

UNICEF, FAO…) sont membres actifs. Ces plateformes coordonnent au niveau national et régional les actions d’urgence en termes de transferts monétaires, les aides alimentaires ainsi que la relance agricole. L’Action est alignée avec les stratégies développées dans ces clusters, en complémentarité des autres interventions. Les interventions de cette Action seront intégrées dans les données de ces clusters.

  • Développement de techniques qui ont fait leurs preuves : c’est le cas des blocs agroécologiques développés par le CTAS qui ont prouvé leur résilience après l’année exceptionnelle de Malgré la situation difficile, les cultures dans les blocs agro-écologiques ont certes souffert, mais elles ont résisté pour la plupart : les plants ont fané mais sont resté vivants et ont reverdi dès la première pluie. De plus ces cultures ont été les dernières à être consommées par les paysans et broutées par les animaux, ce qui a réduit la période de soudure. Près de 70% de ces parcelles ont été en échec en 2021, soit par ce que les plants étaient trop jeunes (racines pas assez profondes), soit parce que les plants étaient trop vieux (notamment les pois d’Angole de plus de 3/4 ans). Une note en annexe illustre la résistance des blocs à la sécheresse. Une partie des blocs ont été reconstitués courant 2021 par les producteurs qui avaient conservé des semences (recensement en cours par le CTAS). L’Action permettra de soutenir les producteurs vulnérables qui n’ont pas pu conserver leurs semences afin qu’ils puissent reconstituer les blocs.

ACF dispose des expériences en transfert monétaire à travers les projets de réponse au COVID 19 (Antananarivo et Tuléar II) financé par l’Union Européenne, et les projets de réponse aux urgences sécheresse financés par BHA/USAID, et SIDA (Ambovombe, Bekily), ainsi que le PNUD (Betroka, Bekily, Amboasary, Midongy Sud). Concernant la relance agricole, le consortium ACF/AIM ont déjà utilisé la ligne budgétaire « imprévus » du projet AFAFI des activités de relance agricole pour les ménages dans les sites terroirs d’intervention de AFAFI SUD (Betroka, Bekily). ACF s’appuie également sur l’approche Agroécologie dans les projets de résilience des ménages CIAA financé par AFD (Ambovombe, Ampanihy), et Miaro financé par le PAM (Amboasary, Ambovombe).

  • Des réponses adaptées à la spécificité de chaque zone : Les techniques agricoles développées sur le district de Bekily sont différentes de celles des districts de Tsihombe et Ambovombe, car elles sont adaptées à des milieux agroécologiques différents : sols sableux dans la zone littorale ; sols cristallins dans le district de Bekily. De même le district de Bekily est une zone plus agricole que tournée vers l’élevage du fait de la présence de plusieurs points d’eau, contrairement à la zone littorale qui allie agriculture et élevage. Cela explique que les modalités d’intervention sont différentes sur ces zones.
  • Un continuum urgence/développement : l’Action s’intègre dans le dispositif Afafi, qu’elle vient renforcer afin de minimiser les impacts négatifs du Kere. Les activités d’urgence seront intégrées au dispositif de développement, afin de ne pas déstructurer la dynamique en cours. Ce point est développé dans le 1.2
  • Une approche terroir. Autant que possible les activités seront menées au sein d’un même terroir, afin de concentrer les efforts et créer des synergies entre les activités menées. Cependant certaines activités seront menées à plus large échelle. C’est le cas notamment des vaccinations et déparasitages.

Elle visera les 02 résultats suivants :

  • Le projet a pour but de permettre aux ménages vulnérables bénéficiaires dans les communes cibles d’avoir accès à une alimentation minimale durant la période de soudure, via la mise en œuvre d’action d’assistance alimentaire
  • Le projet compte également contribuer à relancer la production agricole, au niveau de l’agriculture comme de l’élevage, dans les régions affectées par la sécheresse.
R1 : Les ménages bénéficiaires vulnérables ont reçu une assistance alimentaire

Cette intervention se justifie par le fait que les ménages dans les sites terroirs des Communes rurales de Anja Nord, Maroviro, Belindo, Ambahità et Beraketa (district de Bekily) et des Communes de Tsihombe, Imongy, Antaritarika, Nikoly (district de Tsihombe), se situent dans les zones classées en IPC 3 ou + selon l’analyse de cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire. Par ailleurs, au niveau de la coordination du Cluster SAMS national et du Cash Working Group, dans lesquels ACF et le Gret sont membres actifs, des interventions en aide alimentaire, sous forme de distribution de vivres et/ou de transfert monétaire, ont été prévues dans les communes des districts de Bekily et de Tsihombe. Dans ce cadre, ACF a programmé des activités d’assistance alimentaire dans la commune de Maroviro, tandis que les autres communes seront couvertes par les autres partenaires (Fonds d’Intervention pour le Développement, Programme Alimentaire Mondial, Programme des Nations Unies pour le Développement…). Le Gret apportera de l’assistance alimentaire aux enfants de 6 à 59 mois dans les communes de Tsihombe, Imongy, Antaritarika, Nikoly (district de Tsihombe), en complément des aides déjà apportées par CRS. Les assistances alimentaires apportées par les partenaires humanitaires doivent couvrir au minimum plus de 50% des besoins alimentaires des ménages, ceci en fonction de la gravité de l’insécurité alimentaire ressortie de l’analyse IPC. L’action travaillera également dans le cadre de ce résultat avec les CAEM, et le consortium approchera les ORN et le PAM afin d’évoquer la possibilité d’intégrer la PECMAM au sein des CAEM concernés par le projet.

En outre, la grande campagne agricole et la période de soudure va débuter vers le mois de novembre et atteindra son pic en février et mars. Les ménages les plus vulnérables vendent leur force de travail et tirent leurs moyens d’existence des travaux journaliers auprès des agriculteurs plus nantis. Or, actuellement le manque d’intrants prive ces ménages des sources de revenus pour : (i) accéder aux aliments, et (ii) pour investir dans leur propre production agricole de la prochaine campagne agricole, ce qui représente une nouvelle menace d’insécurité alimentaire pour l’année prochaine.

De ce qui précède, le résultat 1 de cette action permettra à 6’125 personnes vulnérables (soit environ 1’225 ménages) et 2 250 enfants de 6 à 59 mois, dans les sites terroirs ciblés par l’action, d’avoir accès aux aliments durant la période de soudure.

A 1.1 : Ciblage des bénéficiaires de l’assistance alimentaire non conditionnelle, et conditionnelle pour les travaux de relance agricoles.

Districts : Bekily

Le ciblage des bénéficiaires concerne l’assistance alimentaire non conditionnelle (sous forme de transfert monétaire) et les travaux communautaires liés à la relance agricole (curage des canaux d’irrigation, petits aménagements des parcelles de production agricoles, dessablement des barrages hydroagricole…), qui seront menés sous l’approche Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO).

Le nombre de ménages à cibler dans chaque site terroir des communes ciblées sera défini avec les autorités locales. Ensuite, la méthodologie de ciblage des bénéficiaires se fera de manière participative, afin de limiter les erreurs d’inclusion et d’exclusion, ainsi que les plaintes et les tensions liées au processus de sélection. La première étape consistera en une mobilisation sociale, qui visera à rencontrer les différents groupes sociaux, y compris les leaders communautaires et les autorités locales, et à les informer des objectifs de ce projet d’Urgence Kere afin d’obtenir leur soutien nécessaire à la mise en œuvre des activités. La rencontre avec les autorités locales sera une passerelle au cours de laquelle le consortium ACF/AIM présentera les objectifs du programme, les processus de ciblage, le calendrier et les droits des bénéficiaires afin d’obtenir leur adhésion et leur acceptation.

En collaboration avec les leaders communautaires et les autorités locales, ACF mettra en place dans chaque site terroir ciblé des comités de ciblage comprenant les autorités locales et les représentants des différents groupes sociaux au sein de la communauté, en veillant particulièrement à inclure les groupes les plus vulnérables, tout en tenant compte du genre (i.e. inclusion des femmes et des hommes). Il est à noter qu’un recensement exhaustif des bénéficiaires du Projet AFAFI SUD Lot 2 a été déjà réalisé au début de l’année 2021, les informations issues de cette enquête permettra d’affiner le ciblage des ménages les plus vulnérables pouvant bénéficier ces interventions en réponse aux Urgences KERE dans les communes d’intervention de Bekily. Des sensibilisations seront également organisées pour encourager leur participation active par la mise en place d’un mécanisme de retour d’information communautaire et éviter ainsi les tensions entre les ménages bénéficiaires et non bénéficiaires. Ces comités seront chargés de la catégorisation et du classement des ménages.

Les ménages seront ciblés sur la base de critères de sélection définis de manière participative et consensuelle avec les communautés de chaque zone, avec une vérification croisée par rapport aux critères socio-économiques définissant les caractéristiques des groupes de richesse dans la dernière description des zones de subsistance de l’analyse économique des ménages. Les critères de sélection favoriseront également l’inclusion des groupes de population très vulnérables à la sous-nutrition (enfants de moins de cinq ans, femmes enceintes et allaitantes). Une fois les critères de ciblage convenus, les comités de ciblage procéderont à la catégorisation des ménages sur la base de ces critères.

Dans chaque site terroir, en fonction du nombre de ménages à cibler, une liste provisoire sera établie. ACF visitera 10% des ménages présélectionnés pour vérifier qu’ils répondent aux critères de sélection. Si les erreurs d’inclusion sont supérieures à un pourcentage prédéfini, la liste ne sera pas acceptée et le processus recommencera, après avoir essayé de comprendre les raisons de ces erreurs.

Afin d’améliorer la transparence du processus de sélection, ACF organisera des réunions communautaires pour valider les listes de bénéficiaires et éventuellement traiter les erreurs d’inclusion et d’exclusion. Il est prévu que les ménages les plus pauvres et les plus exposés à l’insécurité alimentaire soient sélectionnés pour bénéficier d’une assistance alimentaire (pour les cas des sites terroirs dans la commune de Maroviro) et participer aux travaux de relance agricole sous HIMO. Les bénéficiaires seront enregistrés et classés par type d’appui, une fois que les listes finales seront validées.

A1.2. Mise en œuvre de l’appui non conditionnel aux plus vulnérables des 2 Fokontany de Maroviro.

Districts : Bekily

La Commune de Maroviro est classée par le Cluster SAMS et le Cash Working Group (cf. mapping des interventions humanitaires dans la Région du Grand Sud) comme en priorité 1 en termes d’insécurité alimentaire, et aucun acteur humanitaire n’y intervient. En tant que membres de ces plateformes de coordination, ACF projette de mettre en œuvre une assistance alimentaire non conditionnelle dans les 02 sites terroirs (Sakoandroa, Ankonatsy, sous AFAFI SUD) situés dans cette commune. Ces sites terroirs abritent 2’900 personnes, soit 580 ménages. Selon la stratégie du CWG et du Cluster SAMS, l’assistance alimentaire couvrira 100% des ménages dans les deux sites terroirs et s’étalera sur 02 mois à partir de la mise en œuvre effective du projet.

Le choix de la modalité de distribution de l’aide en espèces est basé sur une analyse du contexte, sur la prise en compte du fonctionnement des marchés dans les zones ciblées et sur l’objectif poursuivi. L’argent liquide est considéré comme approprié sur la base des informations actuellement disponibles sur le marché (source : WFP, 2020), qui indiquent que les marchés d’Androy restent fonctionnels, accessibles et que les chaînes d’approvisionnement (en provenance des autres régions Anosy, Atsimo-Andrefana, et Haute Matsiatra) ont une capacité suffisante à couvrir la demande et à répondre à une augmentation soudaine de la demande. La concurrence entre les vendeurs est adéquate. En décembre 2020, la disponibilité et la variété des produits alimentaires de base vendus étaient satisfaisantes. Cependant, l’instabilité et l’imprévisibilité des prix seront un facteur de risque à surveiller. Les marchés ambulants présentent les mêmes caractéristiques.

La valeur du transfert est fixée à 100 000 MGA par ménage et par mois, soit 200’000 MGA par ménage pour les 02 mois. Elle est alignée sur la stratégie nationale du CWG et basée sur le panier de dépenses mensuelles des ménages (MEB9), couvrant 52.35% du MEB. La dernière analyse (2019) évalue le MEB dans le Sud de Madagascar à 191 000 MGA par mois pour un ménage de 5 personnes. Le panier alimentaire (nécessaire pour couvrir 2100 kCal par personne et par jour) représente 85% de cette valeur – 162 350 MGA. En actualisant le coût du panier alimentaire en tenant compte de l’inflation, une valeur de 100.000 MGA permettra de couvrir 61.6% des besoins alimentaires. Dans le cas où l’écart à couvrir et la valeur du panier alimentaire sont mis à jour par le CWG, ACF s’alignera sur le consensus national.

On estime que l’argent liquide sera un moyen efficace pour les populations affectées de satisfaire à leurs besoins alimentaires de base. Néanmoins, une analyse de marché complémentaire dans les municipalités d’intervention sélectionnées sera effectuée avant toute intervention d’assistance alimentaire afin de confirmer la modalité d’intervention.

Les transferts d’argent liquide offrent aux bénéficiaires de la flexibilité et du choix, et la possibilité de choisir comment orienter l’argent en fonction de ce qu’ils considèrent comme leurs besoins prioritaires immédiats, selon leurs préférences. Les transferts d’argent liquide ont également un effet multiplicateur sur les économies et les marchés locaux : l’injection d’argent liquide profite à la reprise du commerce.

Pour sécuriser le transfert monétaire, les expériences d’ACF en termes d’assistance alimentaire dans le Sud, le Consortium utilisera autant que possible un prestataire de service financier pouvant fonctionner avec le « mobile money ». Ceci permet de sécuriser les transactions et d’éviter tout type de fraude ou de malversation afin de garantir une efficience optimale de l’apport monétaire.

A1.3 : Réalisation des travaux communautaires liés la relance agricole.

Districts : Bekily

Pour la préparation de la relance agricole pour la grande campagne 2021-2022, celle-ci nécessitera différents travaux permettant d’améliorer la productivité agricole et d’espérer une bonne production. Ces travaux concerneront entre autres, le labour des parcelles de culture, le dessablement des barrages hydroagricoles et le curage des canaux d’irrigation, l’approvisionnement en semences. Ayant déjà perdu tout leur stock de semences, lors des re-semis ou l’auto-consommation pendant la longue période de sécheresse, les paysans ne disposent plus de moyens pour se procurer ni des semences, ni pour travailler leur terre agricole, ni pour engager des journaliers dans la préparation de la prochaine grande campagne agricole. Cette situation expose ces paysans à une insécurité alimentaire plus prolongée l’année prochaine. Cela pourrait également compromettre les acquis du projet AFAFI SUD, et en perturber l’avancement.

De ce fait, cette activité visera à réaliser des travaux d’intérêts communautaires en lien avec la relance agricole comme le dessablement des barrages, le curage des canaux d’irrigation… Ceci afin d’améliorer la productivité et la production. Les travaux seront menés sous l’approche Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO) contre une rémunération journalière, selon les normes utilisées par les acteurs au niveau national (HJ par type de travaux) à raison de 5’000 MGA/HommeJour correspondant à 5 heures par jour de travail par personne. Ce sera ainsi une opportunité de travail journalier pour les paysans vulnérables, afin d’améliorer leurs revenus pendant la période de soudure. Elle permettra également aux plus vulnérables (femmes cheffes de ménages, femmes/hommes âgés, personne en situation de handicap…) de bénéficier de l’HIMO pour le labour de leurs parcelles de culture respectives et également pour les travaux de semis (dans le Résultat 2). Pour ce faire, le projet mettra à disposition à chaque site terroir un forfait de 10’000 HJ de travaux (soit 50’000 HJ pour l’ensemble des 05 Communes d’intervention), dont l’utilisation sera déterminée après l’identification des travaux ayant des impacts positifs communs sur les activités de relance agricole.

Ci-après quelques exemples d’utilisation des 10’000 HJ de travaux. Sur la base de :

  • Labour manuel = 150 HJ/Ha, chaque site terroir pourrait labourer jusqu’à 66 Ha de parcelles agricoles appartenant aux ménages les plus vulnérables.
  • Ou curage des canaux = 80 HJ/km, les 10’000 HJ pourraient permettre de nettoyer 125 km de canaux d’irrigation.
  • Labour manuel de 30 Ha + Curage de canaux de 69 km…

L’identification et la validation des travaux communautaires à réaliser seront faites de manière participative, à travers une réunion communautaire, avec l’implication des autorités locales (maires, chefs fokontany) et des autorités traditionnelles, dans chaque site terroir.

Toujours dans le but de soutenir la relance agricole dans les sites terroirs, le projet mettra en place 10 kits SMI (Small and Micro Irrigation) dans des sites ciblés, ayant des points d’eau en permanence permettant aux bénéficiaires d’économiser l’eau, tout en assurant une bonne irrigation pour la bonne croissance des cultures maraîchères.

A1.4 : Distribution de farines infantiles et d’eau aux enfants de 6 à 59 mois au sein des CAEM, en prévention de la malnutrition

District : Tsihombe

  • : Identification des bénéficiaires

CRS couvre actuellement une part importante des besoins alimentaires des ménages des communes de Tsihombe, Antaritaka, Imongy et Nikoly, communes d’intervention d’Afafi lot 3. Les dotations couvrent environ 50% des besoins des ménages ayant une femme enceinte ou allaitante. CRS prend également en charge les enfants malnutris aigus modérés, dépistés au sein des CAEM. Ces communes sont également couvertes par le programme de transfert monétaire Fiavota financé par le FID. Afin d’assurer la complémentarité avec ces programmes, le Gret mettra en place une distribution de farines infantiles fortifiées pour les enfants de 6 à 59 mois, qui sont plus à risque de tomber dans des situations de malnutrition aigüe, dans les 31 fokontany d’intervention du projet.

Des activités communautaires sont déjà menées mensuellement au niveau de chaque fokontany à travers les séances de suivi et promotion de la croissance des enfants de 6 à 59 mois, au sein des CAEM. Ce suivi permet d’avoir une base de données mise à jour des enfants, qui sera exploitée pour élaborer la liste des bénéficiaires sans

avoir besoin de faire de recensement. Les bâtiments des CAEM ne sont pas encore construits (AO en cours), mais les activités se déroulent en plein air ou dans des bâtiments existants.

  • : Organisation des distributions

En collaboration avec les agents communautaires de chaque fokontany, les sites de distribution seront localisés au niveau de chaque fokontany pour éviter le déplacement des mères. Dans les fokontany qui disposent de CAEM la distribution se fera au sein du CAEM. Un animateur du projet assurera les activités en accompagnement de l’agent communautaire pour des distributions hebdomadaires des rations correspondantes pour chaque enfant. Pour optimiser les actions menées, chaque séance de distribution sera précédée d’une séance de sensibilisation sur les thématiques liées aux bonnes pratiques alimentaires en mettant notamment l’accent sur l’importance des compléments alimentaires à donner à l’enfant à partir de 6 mois. Cette activité de distribution s’intégrera donc dans les activités classiques du CAEM, et permettra de renforcer la participation des mères aux séances tout en apportant un appui alimentaire de qualité à leurs enfants et en concrétisant les conseils apportés.

L’intervention durera 3 mois, dès le démarrage de l’Action. En effet c’est actuellement la période de soudure qui affecte particulièrement les enfants en bas âge. Les quantités distribuées seront définies en fonction des besoins nutritionnels de chaque enfant selon sa tranche d’âge : un enfant de 6 à 11 mois recevra 0,5 kg de farine fortifié par semaine et un enfant de 12 à 59 mois recevra 1 kg par semaine. Ces rations viendront compléter les rations familiales déjà distribuées par CRS, ce qui permettra d’éviter le partage de la farine infantile auprès des autres membres de la famille afin que l’enfant bénéficie pleinement de la ration. Une opération pilote sera menée dans 6 fokontany les plus éloignés des points d’eau. Les familles bénéficiaires de ces fokontany bénéficieront également lors de ces distributions hebdomadaires d’un bidon d’eau. La commande sera passée au préalable aux charretiers de la localité ou des localités avoisinantes, afin qu’ils livrent la quantité d’eau nécessaire. Les quantités distribuées pourront excéder un bidon si le nombre de charrettes disponibles est suffisant. Ce sont environ 2.250 enfants qui bénéficieront de ces distributions. Les farines infantiles fortifiées achetées seront produites à Madagascar, et respecteront les normes internationales ainsi que la norme nationale de qualité NMG 103-5 (telles que la Koba Aina distribuée par Nutri’zaza).

R2 : La production Agricole (agriculture et élevage) dans les communes d’intervention de AFAFI est relancée à la grande campagne.

Le manque de pluie depuis l’année 2019 a limité la production agricole, ayant impacté négativement sur la sécurité alimentaire dans la Région du Grand Sud de Madagascar. Une grande partie des paysans ont ainsi perdu leurs moyens d’existence à travers la consommation/vente de tout le stock alimentaire, et la vente des moyens de production (décapitalisation), et n’arrivent plus à relancer leurs activités agricoles pour cette campagne agricole, qui s’annonce bonne en termes de pluviométrie selon la prévision météorologique de la Direction Générale de la Météorologie. Les zones d’intervention de AFAFI SUD n’ont pas été épargnées par cette longue sécheresse. Ce résultat 2 visera à relancer l’Agriculture dans ces zones à fort potentiel agricole afin d’augmenter la disponibilité alimentaire dans la Région d’intervention, et s’appuiera sur les acquis apportés dans le projet AFAFI SUD.

A2.1 Appui pour la préparation du sol

Districts : Bekily

La qualité de la préparation du sol impacte fortement la production agricole. Cependant son cout élevé est un facteur limitant pour les producteurs dans la valorisation de leurs parcelles, diminuant ainsi la production agricole. C’est la raison pour laquelle l’action va appuyer les producteurs à travers la prise en charge des frais de labour mécanisé pour une superficie totale de 230 Ha. Les champs de labour sont localisés dans les sites terroirs ayant de Maroviro 1, Maroviro 2 et Beraketa. L’intérêt du labour mécanisé est fondé sur les points suivants :

  • Grâce à une vitesse d’exécution élevée, les labours seront achevés avant, ou au début des premières pluies, et les semis pourront ainsi bénéficier d’une bonne quantité d’eau
  • La profondeur de labour pouvant varier de 15 à 30 cm, les propriétés physiques du sol ainsi préparé seront plus favorables aux spéculations proposées.

Cette activité sera réalisée avec les étapes suivantes :

  • Identification des parcelles : l’équipe locale d’AIM et le responsable technique mobilisation communautaire ACF organiseront des descentes sur le terrain pour identifier et contacter les propriétaires des parcelles ayant une pente de moins de 20 %, et accessibles par voie carrossable
  • Location du tracteur : Il s’agit d’établir des contrats avec les prestataires locaux de services de location de tracteur
  • Labour des parcelles
A 22 Distribution de semences aux bénéficiaires (vivrières, légumineuses et maraichères).

Districts : Bekily

Les semences –de qualité, et en quantité suffisante- sont l’un des facteurs qui influent le plus sur le rendement des récoltes. Par manque de ressources financières pour l’acquisition de semences, les communautés locales sont contraintes de laisser en jachère bon nombre de leurs parcelles. Ainsi, le projet opte pour la distribution des semences de qualité pour relancer les activités agricoles. Chaque ménage bénéficiera d’1 kit de semences composé de : 100 mètres linéaires de boutures de haricot ou mini sets d’igname pour la grande saison (semences vivrières),

  • kg de semences de légumineuses, entre autres haricot ou niébé ou dolique ou pois de terre pour la contre saison (semences légumineuses), et 4 sachets de semences maraîchères comprenant : 1 sachet de semences de légumes à feuille (petsaï ou choux), 1 sachet de légumes à fruits (tomates ou poivron), 1 sachet de cucurbitacées (courge ou concombre ou potiron), et 1 sachet de légume à racine (carotte ou betterave) également pour la contre saison (semences maraichères). Le choix des spéculations proposées est le fruit des expériences des projets ASARA, AINA, et des échanges avec les bénéficiaires du programme AFAFI Sud dans le cadre du recensement exhaustif des ménages occupant les sites terroirs ciblés par le

Selon les expériences du consortium ACF/AIM dans la Région du Grand Sud, si la pluviométrie est favorable et les ménages bénéficiaires respectent les itinéraires techniques, on estime que chaque ménage produirait à la récolte :

  • 700 kg de patate douce (pour la grande saison) ;
  • 100 kg de légumineuses (pour la contre saison) ;
  • Pour les légumes en contre saison pour un sachet de semence de légumes :
    • 300 kg de petsaï
    • 110 kg de courgette
    • 200 kg de tomate
    • 150 kg de carotte

La mise en œuvre de cette activité se fera suivant les étapes suivantes :

  • Quantification des besoins, par type de spéculation
  • Acquisition des semences avec les procédures de ACF en tant que lead. Dans le but de valoriser les acquis du programme AFAFI Sud, les groupements de producteurs de semences seront encouragés à participer au processus d’approvisionnement. Les fournisseurs locaux (CTEAS…) seront également encouragés à se
  • Distribution des semences : l’équipe AIM dédiée au présent projet d’urgence, en collaboration avec l’équipe de la mobilisation communautaire ACF et les comités locaux organiseront les séances de distribution de semences. L’équipe veillera à que les travaux de préparation du sol soient bien réalisés, avant la remise des kits de

Pour soutenir la relance de l’élevage dans la zone d’intervention de AFAFI SUD Lot 2 (Bekily), le Projet réalisera des séances de déparasitage et de vaccination de 6’500 têtes de caprins/ovins et 6’500 têtes de volailles. L’approche pour cette activité sera harmonisée avec celle de AVSF comme décrite dans l’activité

A.2.5 Déparasitage et vaccination de petits ruminants et volaille.

A 23 Formation/ recyclage des paysans relais

Districts : Bekily

Les paysans relais mis en place et formés par le programme AFAFI Sud assureront l’accompagnement technique, l’appui conseil et le suivi des exploitations avec les ménages bénéficiaires. Pour ce faire, ils bénéficieront des formations et/ou recyclages sur les thèmes suivants : agroécologie, utilisation de micro- irrigation, variétés adaptées à la zone semi-aride.

Par ailleurs, l’intervention tentera de mener des actions pilotes pour introduire la technique du Zaï qui est un système traditionnel en Afrique de réhabilitation de la productivité des terres pauvres et légèrement en pente, qui

consiste à creuser manuellement des trous pour y concentrer les eaux de ruissellement et les matières organiques. Cette technique est adaptée au contexte du Sud sachant la caractéristique agro-climatique semi-aride de la zone de Bekily, et à la culture de sorgho.

Cette nouvelle pratique consiste à préparer la terre très tôt dans la saison sèche, en creusant manuellement tous les 70-100 cm, des cuvettes de 20 à 40 cm de diamètre, de 10 à 20 cm de profondeur en rejetant la terre en croissant vers l’aval, en vue de capter les eaux de ruissellement.

La mise en œuvre se fera selon les étapes suivantes :

  • Formation des superviseurs de zones sur la technique du Zaï
  • Identification des paysans relais œuvrant dans la zone d’intervention du projet urgence
  • Ciblage des bénéficiaires pour l’opération SOSOA
  • Organisation de la formation au niveau des chefs-lieux de commune

A2.4 : Reconstitution de 500 ha de de blocs agroécologiques

Districts : Tsihombe et Ambovombe

Le principe pour la diffusion des techniques agro-écologiques suivra l’approche classiquement développée par le CTAS : l’approche dite « de paysans à paysans », ce qui facilite la transmission des messages. Une équipe de 10 paysans et paysannes relais, couplée avec les KM (Komitin’ny Mpamboly ou Comité des Agriculteurs) sera déployée pour diffuser les messages techniques en agroécologie. Ce sont des anciens paysans relais qui ont été déjà formés par le CTAS auparavant, ils seront mobilisés par le projet pour la redynamisation des parcelles dans les blocs agro-écologiques. Ils feront 100 animations et visites échanges dans les villages où il y a beaucoup de manques dans l’embocagement.

  • Identification des ménages les plus touchés par la sécheresse

L’objectif de l’Action est d’approvisionner en semences et d’appuyer la mise en place des parcelles par une partie des agriculteurs exerçant dans les anciens blocs agro-écologiques d’Ambovombe, ou dans les nouveaux blocs de Tsihombe. Le CTAS ciblera les producteurs les plus vulnérables, qui ne peuvent pas semer par leurs propres moyens car du fait du Kere ils n’ont plus de semences disponibles. Ainsi, les techniciens de CTAS feront le recensement de ces parcelles non exploitées au sein des blocs et en identifieront les raisons (migration, manque de semences, changement de propriétaire, etc.). Ce sont les 600 ménages les plus touchés par la sécheresse et n’ayant plus de semences pour semer leurs parcelles dans les blocs agro-écologiques qui seront identifiés et dotés de semences. Ainsi la majorité de ces producteurs connaissent déjà les techniques agroécologiques, mais il leur manque les semences.

  • Dotation de semences et de plants aux ménages pour la redynamisation des blocs

Une fois la liste des bénéficiaires établie,15 tonnes de semences sous forme de bons seront distribués auprès de ces bénéficiaires. Les semences distribuées seront issues du réseau des producteurs multiplicateurs de semences (PMS) du CTAS. Les semences du CTAS (mil, sorgho, konoke, niébé, pois d’Angole, bracharia, etc.) sont sélectionnées pour s’adapter à la sécheresse. Elles sont contrôlées au niveau des champs de production des PMS par les agents du Service Officiel de Contrôle des semences et plants (SOC) afin d’assurer la qualité et le respect des normes. Les bons de semences sont distribués à l’avance, lors de la finalisation de la liste des bénéficiaires. A l’arrivée de la première pluie, les bénéficiaires amènent leurs bons au niveau des boutiques d’intrants et les échangent contre les semences. Ce système de bons a été adopté par le CTAS depuis 2013, ce qui facilite la distribution des semences au niveau des bénéficiaires tout en valorisant les boutiques d’intrants. Aussi, il permet de sécuriser les semences afin que les ménages ne puissent pas les consommer car les boutiques ne seront approvisionnées qu’à la tombée de la première pluie et que ces bons ne seront valables que dans les boutiques de CTAS.

En outre, 5 000 plants d’arbres seront mis en place pour renforcer les haies brise-vent de leur parcelle afin de les protéger contre les éléments. 5 tonnes de cactus inerme seront également distribuées afin que ces ménages, dont la majorité sont des éleveurs, puissent produire des fourrages pour leur bétail.

Au-delà de la distribution des intrants, l’Action intégrera les formations nécessaires : animations et visites d’échanges pour les paysans bénéficiaires des blocs agroécologiques, suivi des parcelles, etc.

C’est ainsi que 500 ha de blocs agroécologiques seront réhabilités grâce à l’Action.

A.2.5 : Déparasitage et vaccination de petits ruminants et volailles

Districts : Tsihombe, Ambovombe,

Etalée sur une période de 18 mois, l’action touchera 1600 éleveurs et se déroulera en 4 grandes étapes : 2.5.1: Acquisition des intrants et pré-positionnement sur le terrain.

AVSF organisera l’acquisition des produits vétérinaires (vaccins, produits de déparasitages, vitamines, antibiotiques vitaminés) en collaboration avec les Vétérinaires Sanitaires. Ce sont ces derniers qui vont assurer le processus d’achat auprès de leurs fournisseurs officiels. Les intrants seront livrés au niveau de chaque VS des districts concernés et ils seront utilisés sous la supervision des agents d’AVSF. Outre les dispositifs au niveau des postes des Vétérinaires Sanitaires, la possibilité de disposer de matériels réfrigérants (congélateurs notamment) dans des villes et/ou villages proches des sites opérationnels devra être considérée, par exemple via des collaborations avec des opérateurs sur place. Les critères de choix de ces villes ou villages seront la proximité avec une zone de forte concentration du bétail et la facilité de circulation à véhicule ou à moto.

  • : Sensibilisation/Information des communautés d’éleveurs sur la campagne de vaccination.

Les zones à cibler toucheront les communes appuyées par le projet Afafi Sud dans les districts de Tsihombe et d’Ambovombe. La campagne d’information commencera par une sensibilisation sur toute la zone d’action de la campagne de vaccination, à travers des campagnes d’affichage et des spots radio. Le but est de préparer le terrain afin que (i) les éleveurs puissent s’organiser pour disposer les animaux à des endroits accessibles pour les agents vaccinateurs, (ii) les autorités publiques et traditionnelles soient informées, et (iii) les sites d’implantation des parcs de vaccination puissent être identifiés et sélectionnés. Cette campagne d’information sera effectuée par l’équipe du consortium, le DRAE, les VS/MMAV, les autorités locales (publiques et traditionnelles) et les opérateurs techniques du programme Afafi Sud intervenant dans ces zones.

L’étape de la sensibilisation est très importante et elle doit bénéficier d’un temps nécessaire pour garantir la présentation des animaux lors de la vaccination. Il est important que les autres opérateurs du projet Afafi Sud soient présents dès le démarrage des sensibilisations pour participer aux messages diffusés et à la prise de contact avec les éleveurs. Toutes les parties prenantes doivent être associées au mieux de leurs possibilités à ces sensibilisations pour se trouver au même niveau d’information.

La problématique de la sécurité est également un facteur important à prendre en compte, en lien avec la question de la présentation des animaux. Pour traiter cette question, AVSF travaillera en lien étroit avec les forces de l’ordre locales auprès desquelles un plaidoyer sera fait en collaboration avec la DRAE pour la sécurisation des zones de vaccination pendant la campagne en cas de nécessité. Les zones de vaccination seront ainsi communiquées aux forces de l’ordre pour information, avec un calendrier des activités. Il ne s’agira pas de demander l’intervention des forces de l’ordre, mais seulement de communiquer l’information sur les activités, dans le respect des principes humanitaires et des guidelines civilo-militaires.

  • : Identification/Recensement et formation des agents de vaccination.

En collaboration étroite avec les VS des deux districts cibles, un recensement des agents vaccinateurs ayant déjà participé aux campagnes de vaccination précédentes sera réalisé (MMAV, auxiliaire de VS pour le cas du district d’Ambovombe). Si nécessaire, ces derniers bénéficieront d’un recyclage. Si le nombre de vaccinateurs existants n’est pas suffisant pour couvrir toutes les zones ciblées et assurer les vaccinations planifiées, la différence sera comblée par l’identification et la formation des agents de la DRAE, en particulier du SREL.

  • : Mise en œuvre de la

La réalisation de la campagne doit être organisée de manière à entraîner le moins de désagréments possibles pour les populations. Pour cela, les dates de passage dans les villages-sites doivent être soigneusement planifiées et programmées, en accord avec les éleveurs et les autorités coutumières et politiques locales. Comme mentionné ci- haut, il est nécessaire de décider avec eux du nombre, voire de l’identité des personnes d’appui. Il est important de respecter les jours retenus conjointement avec les éleveurs et les villageois pour que le maximum, sinon la totalité des animaux, soient vaccinés.

Chaque équipe de vaccinateurs devra comporter au moins quatre personnes : un chef d’équipe qui doit être un VS, deux à trois vaccinateurs, et un secrétaire (ou assistant) pour établir les fiches de vaccination. Chaque équipe doit s’assurer du bon état du matériel de vaccination, du respect de la chaîne de froid (seringues, aiguilles, marqueur, glacière et glace) et de la quantité de vaccins nécessaire à la veille de chaque mission.

A.2.6 : Achat et distribution de reproducteurs

Districts : Tsihombe et Ambovombe

L’Action appuiera la recapitalisation animale par la dotation d’au moins 330 caprins dont 30 boucs et 300 chèvres et 300 volailles dont 50 coqs et 250 poules, pour soutenir la résilience et les capacités d’épargne de 250 ménages vulnérables qui ont dû vendre leurs têtes de bétail pour faire face à la crise 2020/2021.

  • : Identification des ménages bénéficiaires et des fournisseurs d’animaux

AVSF se coordonnera avec d’autres organisations qui organisent des dotations d’animaux d’élevage à des fins de recapitalisation, telles que le programme DEFIS. Le ciblage des bénéficiaires de l’action prendra en compte ces distributions antérieures afin de limiter les risques de doublons et traiter équitablement l’ensemble des ménages vulnérables de la zone.

Au préalable, ces ménages seront identifiés, informés, sensibilisés dans un objectif de les regrouper sous forme de groupements informels de six ménages de voisinage proche. Ces groupes se constitueront sur la base d’affinités familiale ou de voisinage, afin d’en garantir la cohésion. L’approche vise au premier temps à renforcer les liens et dynamismes d’échange, de partage et d’entraide existant dans la société. Les fournisseurs des animaux à distribuer seront identifiés en priorité parmi les membres des groupements déjà accompagnés par AVSF dans le cadre d’Afafi, ou à défaut chez des éleveurs ayant de bonnes pratiques sanitaires.

  • : Distribution de coupons

Une fois que les bénéficiaires sont identifiés et que ces groupes sont formés, un ménage de chaque groupe (sélectionné selon des accords entre les membres) recevra des coupons d’une valeur monétaire de 144 € pour les groupements des petits ruminants et 25 € pour les groupements des volailles. Ils se dirigeront ensuite vers la zone de vente où ils vont pouvoir acheter 1 bouc et 10 chèvres ou 1 coq et 5 poules selon le type de leur groupement. Les animaux doivent ensuite passer obligatoirement par un contrôle sanitaire. Ils seront vaccinés, déparasités et mis en quarantaine.

Le système de coupons réduit drastiquement les contraintes logistiques du projet, favorise la production locale et réduit les risques associés avec l’importation d’animaux (et de maladies) dans la zone. Il comporte aussi l’avantage de laisser les familles choisir elles-mêmes le type, l’espèce et la qualité des animaux qu’ils souhaitent. Avant de mettre en place ces systèmes de coupons, une campagne de sensibilisation est nécessaire pour aider les familles à choisir les meilleurs animaux auprès des fournisseurs sélectionnés. Cette campagne doit être réalisée en collaboration avec les équipes vétérinaires locales, la DRAE et les collectivités.

  • : suivi technique des ménages bénéficiaires

Au-delà de la distribution des animaux, l’action intégrera le suivi technique et les formations nécessaires en termes de conduite d’élevage pour les bénéficiaires de ces dotations. Afin de limiter les risques de revente de ces animaux après distribution, et pour démultiplier les effets de l’action, un système de redevabilité « revolving » sera instauré par le don d’un cabri au voisinage pour chaque chèvre distribuée.

  • : Suivi de la distribution des premiers chevreaux et poussins aux autres membres des groupes de bénéficiaires Les ménages bénéficiaires cèderont équitablement les premiers chevreaux qui naissent aux autres ménages membre du groupe, à hauteur de deux par femelle sur deux cycles de reproduction (c’est-à-dire les deux premiers chevreaux de chaque femelle, ce qui fera un total de 4 chevreaux pour chacun des autres ménages du groupe), ou 5 à 10 poussins dans le cas des groupements Les chevreaux et poussins suivants pourront être conservés par les ménages initiaux.
  • Indiquez les principales études réalisées afin de définir la portée de l’action.

 

Dans le cadre de ce projet, des enquêtes spécifiques seront menées avant le début de l’action afin de mesurer les indicateurs spécifiques (par exemple, l’Indice de stratégie de Survie) n’étant pas déjà mesurés dans le cadre du programme AFAFI global. Ces enquêtes feront office de baseline et complèteront la baseline du programme AFAFI dans les lots et communes concernés.

Le projet se terminant en même temps que le programme AFAFI global, les évaluations internes (endline) et externes seront communes aux deux projets et serviront à mesurer les impacts du programme AFAFI en son ensemble.

Au fur et à mesure du projet, plusieurs outils seront utilisés afin de mesurer les impacts des réalisations du projet, parmi lesquels

  • Revues trimestrielles d’avancement du projet pour partager les résultats et améliorer la coordination de l’ensemble du consortium
  • Enquêtes post-distribution après chaque activité de distribution, que ce soit en nature ou en espèce
  • Des outils adéquats à développer en fonction des besoins

2.1.1.     Approche de mise en œuvre (maximum 5 pages)

Décrivez de manière détaillée Les méthodes de mise en œuvre choisies (y compris les principaux moyens proposés – par exemple, les équipements, les matériaux, les fournitures à acquérir ou à louer) et les raisons qui justifient le choix de cette méthodologie ;

Une intervention de sécurisation des acquis et des progrès du programme AFAFI menacés par les crises sanitaire et climatique.

  • La distribution des farines infantiles au sein des CAEM suscitera une meilleure participation des mères aux séances de suivi/ promotion de la croissance et de sensibilisation au sein des CAEM. De ce fait elle contribuera à renforcer le rôle des CAEM au sein des terroirs ;
  • Le renforcement ou la réhabilitation des blocs agroécologiques qui ont souffert de la sécheresse permettront aux agriculteurs de ces blocs de relancer leur production, ainsi minimiser les effets négatifs de la sécheresse sur l’atteinte des résultats prévus dans le cadre l’Afafi ;
  • L’appui à la relance agricole à travers la distribution de semences variées (vivrières, légumineuses, légumes) permettra de rejoindre les interventions du Programme AFAFI en termes de l’amélioration de la situation nutritionnelle (démonstrations culinaires, sensibilisation et éducation
  • Le déparasitage et la vaccination des animaux améliorera la performance des éleveurs des sites terroirs et la distribution d’animaux sécurisera leurs moyens d’existence ;
  • Les travaux communautaires en lien avec les activités agricoles, comme le curage/réhabilitation des canaux d’irrigation dans petits périmètres irrigués, le dessablage des barrages hydroagricoles, sont des besoins cruciaux pour les agriculteurs afin de leur permettre de bien préparer la grande campagne agricole, ceci afin d’accroître la productivité agricole dans les zones d’intervention. Ces travaux communautaires vont également concerner le labour manuel des parcelles des ménages très vulnérables (femmes cheffes de ménages, homme/femme âgé, personne en situation de handicap).
  • La distribution de semences permettra aux ménages dans les sites terroirs ciblés de continuer d’appliquer les connaissances techniques acquises sur leurs propres parcelles, et d’assurer une production agricole pour la prochaine campagne

Une valorisation du dispositif AFAFI pour un continuum Urgence-Développement

Les actions menées valoriseront les acquis et le dispositif mis en œuvre par le programme AFAFI Sud. Le dispositif en place permettra ainsi un démarrage rapide de l’Action :

  • Les travaux communautaires concerneront essentiellement l’entretien des infrastructures hydroagricoles (curage des canaux d’irrigation, dessablement des barrages) déjà construites par les différents projets (ASARA, DEFIS).
  • Le ciblage des ménages bénéficiaires de l’action sera facilité grâce à la disponibilité des données de recensement exhaustif des bénéficiaires dans les 16 sites terroirs de ACF/AIM.
  • La disponibilité des données sur la caractérisation des ménages (profil de vulnérabilité) et le recensement des enfants de moins de 5 ans au sein des CAEM permettront de cibler rapidement les ménages bénéficiaires,
  • Le transfert de compétences sera facilité par l’opérationnalité des Champs Ecoles Paysans (CEP) et la présence des paysans relais de ACF/AIM et du CTAS,
  • L’existence des Producteurs Multiplicateurs de Semences, des Groupements de Producteurs de Semences (GPS) formés par AFAFI Sud, des boutiques de semences du CTAS, et des boutiques d’intrants de ACF/AIM, permettront de rendre disponibles les semences dès le démarrage de l’Action ;
  • Les CAEM mis en place dans le cadre d’AFAFI qui assurent régulièrement le suivi de la croissance des enfants assureront également la distribution des farines infantiles ;
  • Les MMAV formés dans le cadre d’AFAFI réaliseront les vaccinations et déparasitage.

Une approche participative : L’Action prendra en compte : les acteurs locaux, le territoire et la valorisation des ressources locales. L’équipe projet identifiera les ressources locales et capitalisera les activités et les connaissances déjà existantes des bénéficiaires afin de favoriser des expériences et des solutions localement appropriées. Une collaboration étroite à tous les niveaux sera mise en place :

  • Avec les autorités locales et les services décentralisés, d’ores et déjà établies lors du travail de diagnostic effectué avant l’écriture du projet. Les autorités locales et les STD joueront un rôle clé dans le ciblage des bénéficiaires et l’identification des sites terroirs, ainsi que dans la mise en œuvre et le suivi de certaines actions
  • Avec les dispositifs de services locaux comme les FDA, les IMF, les boutiques d’intrants (accès aux intrants)

Une intervention basée sur la valorisation et le renforcement des capacités des structures locales : l’Action valorisera les associations (AUE, AUP) et des organisations locales (groupements paysans, CAEM) et ainsi renforcera leurs capacités sur le plan administratif, opérationnel, technique et de gouvernance.

Des échanges de pratiques et de vision au sein du consortium

Les acteurs impliqués dans l’Action interviennent depuis longtemps dans la région, et ont développé des compétences complémentaires. Cette Action sera une opportunité pour renforcer les échanges sur les pratiques et expériences, et d’approfondir ensemble une vision commune de l’avenir de la région face aux changement climatique, des sujets de plaidoyer communs, etc.

Pour cela des visites d’échanges et des ateliers internes seront mis en œuvre au long de l’Action.

  • Si l’action est le prolongement d’une action antérieure, décrivez comment l’action s’appuiera sur les résultats de l’action antérieure (indiquez les principales conclusions, les points forts et les recommandations des éventuelles évaluations qui ont été réalisées) ;

Ce projet s’articule autour de l’intervention AFAFI (cf parties précédentes). Cette intervention complète également les activités menées par les demandeurs dans la région.

ACF/AIM : En complément de cette action, ACF/AIM intervient dans le district de Bekily et de Betroka à travers des projets de réponses aux urgences sécheresse sud financés par le PNUD et le SIDA. Par ailleurs, ACF a mis également en œuvre un projet de résilience des ménages (achevé en juillet 2021), dans le district d’Ambovombe.

GRET : le Gret mène d’autres opérations d’urgence dans la zone, complémentaires de l’Action, notamment avec l’appui de donateurs de la Réunion (opération d’aide alimentaire sur le district de Tsihombe achevée en juin 2021), ou de l’Ambassade de France (aide alimentaire et prise en charge des enfants malnutris modérés dans le district d’Ambovombe)

CTAS : Le CTAS a bénéficié d’un financement du projet Prosol de la GIZ pour appuyer cinq blocs agroécologiques dans les trois communes à l’Est d’Ambovombe. Ce financement s’est achevé en mars 2021. Il

bénéficie également d’un financement du FIDA, par le projet DEFIS, pour une durée de 4 ans (2020-2023) pour la mise en place de nouveaux blocs agroécologiques, pour un objectif de 1 500 ha d’emblavement. Ces projets ne touchent pas les mêmes blocs que ceux visés par l’Action.

  • La structure organisationnelle et l’équipe proposées pour la mise en œuvre de l’action (par fonction : il n’est pas nécessaire d’indiquer les noms des personnes) ;

L’Action sera mise en œuvre par le consortium ACF/GRET/AIM/AVSF/CTAS et en partenariat avec les autres parties prenantes et groupes cibles. ACF, en chef de file, est responsable vis-à-vis de l’administration contractante de la mise en œuvre, de la gestion financière et des résultats de l’ensemble du projet.

Un accord de collaboration sera signé entre ACF, le GRET, AIM, AVSF et le CTAS spécifiant les modalités de fonctionnement du consortium.

Le consortium assurera le suivi et l’évaluation en interne de l’Action. Il se concertera régulièrement pour assurer l’orientation stratégique de l’Action et veiller à sa bonne mise en œuvre. ACF, GRET, AIM, AVSF et CTAS seront co-responsables assureront la coordination générale. ACF, en tant que « chef de file » du consortium assume la responsabilité de la gestion technique, financière et administrative vis-à-vis de l’administration contractante. Chaque membre du consortium apportera une expertise spécifique.

Les acteurs locaux (paysans relais, agents vaccinateurs, agents communautaires, boutiquiers) seront étroitement impliqués pour leur proximité, et appuyés pour améliorer leurs offres de formation et de service.

Les structures locales : l’Action s’appuiera notamment sur : les CAEM pour les activités de nutrition, les AUP pour l’entretien des pistes, les groupements de producteurs (dont les semenciers) pour différents services auprès des exploitations agricoles familiales, les opérateurs privés pour le développement des filières.

Les services de proximité dont les boutiques d’intrants et les dispositifs FDA/CSA. La mise en relation des paysans et de leurs groupements avec ces services seront facilités pour améliorer l’accès aux intrants et au financement.

Les autorités locales et structures décentralisées. Les discussions déjà entretenues avec les responsables communautaires et les autorités locales ont montré leur appréciation et leur volonté à prendre part activement à l’Action. Fortes de tout cela, les relations existantes entre le consortium avec ces derniers favoriseront une implémentation souple et efficace des activités de l’Action.

  • Les modalités de contrôle prévues et le suivi ultérieur ;

Le suivi du projet se fera à plusieurs niveaux :

  • Au niveau interne :
  • Par le consortium : qui assurera la supervision et le suivi régulier de l’Action. Le suivi se basera sur le cadre logique, avec les indicateurs Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle de production, et d’exécution des activités, et sur base d’une approche de cycle de gestion de projet continue, et de réflexion sur l’Action, pour répondre aux défis et avoir les meilleurs résultats et
  • Par l’équipe de l’Action : qui élaborera régulièrement des rapports d’avancement pour permettre au consortium de suivre techniquement et financièrement le
  • Par les partenaires locaux : Des réunions intersectorielles seront programmées par l’équipe de l’Action avec les partenaires locaux, pour le suivi et les échanges techniques selon les
  • Monitoring et Evaluation
  1. PDM

Une fois les activités de distribution de cash et de semences finalisées, des activités de suivi après distribution seront organisées par le projet au travers de recrutement d’enquêteurs pour collecter les données sur la satisfaction et l’appréciation des bénéficiaires de l’aide apportée par le projet.

Le PDM pour le cash sera opérationnalisé au plus tard deux semaines après la deuxième distribution. Pour les distributions de semences, le PDM sera opérationnalisé dans les deux semaines après la distribution.

L’objectif de cette activité sera de :

  • Renforcer la redevabilité en vérifiant la quantité de semence et le montant de cash reçu par les bénéficiaires par rapport aux quantités prévue ;
  • Améliorer la programmation en évaluant la pertinence et l’efficacité de l’activité de distribution entre autre l’utilisation par les bénéficiaires et l’appréciation du niveau de satisfaction des ménages de l’aide reçu
  • Améliorer les méthodes de distribution à travers les recommandations issues de ce PDM ;
  1. Mise en place du système de retours et de plaintes

Tout au long du cycle de gestion du projet, les groupes marginalisés et/ou vulnérables joueront un rôle actif dans les décisions relatives à la conception et à la mise en œuvre des activités du projet.

  • Mise en place de mécanisme de retours et de plaintes au niveau communautaire (ligne verte et boite à doléances par village bénéficiaire)
  • Mise en place de point focal plaintes par base et au niveau de la coordination
  • Gestion sécurisée des retours et plaintes dans les bases des données sécurisées
  • Suivi continue des réponses pour chaque retours et plaintes reçus avec référencement aux institutions spécialisées pour les plaintes critiques
  • Adaptation stratégique du projet en réponse aux commentaires
  • Partage d’informations continu sur les changements mis en œuvre par le projet issu des R&P

Pour assurer la redevabilité du projet vis-à-vis des autorités et des bénéficiaires cibles, des ateliers de lancement et de clôture seront organisées en début et en fin de projet pour présenter le projet aux cibles et restituer les résultats après sa mise en œuvre.

  • Au niveau externe :

D’autre part, un audit de l’Action sera réalisé à la fin du projet pour vérifier la bonne tenue des comptes et la réalisation des activités programmées.

  • Les processus d’évaluation internes/externes prévus

Ce projet étant étroitement imbriqué dans le programme AFAFI-Sud, l’évaluation finale externe de ce programme mesurera également les évolutions découlant de ce projet.

Le système de suivi et d’évaluation interne de l’Action sera assuré par le consortium à travers des missions de suivi terrain, des échanges avec l’équipe et des réunions de concertation organisées au niveau national. Le consortium alertera en cas de déviation, afin d’améliorer et d’augmenter la qualité des résultats produits et l’impact de l’Action. L’équipe fournira régulièrement au consortium, des rapports résumant l’état d’avancement et les résultats obtenus, ainsi que l’état des finances.

Le consortium participera aux comités de suivi opérationnels et autres (notamment les comités de pilotage qui se tiendront une fois par an à Antananarivo ou dans le Sud), organisés par l’UCS et sera actif lors des différentes évaluations (interne et externe, mi-parcours et finale) du programme, pilotés par ce dernier.

  • Les activités prévues pour assurer la visibilité de l’action et de la contribution de l’UE à son financement

Ce projet dans le cadre d’AFAFI Sud, il bénéficiera de la visibilité prévue dans le plan de communication du programme AFAFI.