À l’occasion du dixième anniversaire du Centre Technique Agro-écologique du Sud (CTAS), une série de rencontres stratégiques a été organisée, réunissant près de 40 acteurs clés de la filière semencière. Cet événement marquant a offert une plateforme unique pour discuter des enjeux actuels, des défis et des opportunités dans le domaine des semences agricoles.

Ouverture officielle et objectifs de l’atelier

L’ouverture de l’atelier du 06 Décembre 2023 a été solennellement faite par la Directrice Exécutive du CTAS, qui a souligné l’importance des échanges constructifs pour renforcer la filière semencière nationale. Le premier point fort de la rencontre fut une table ronde, où chaque participant a partagé ses perspectives et ses expériences sur divers thèmes, dont les contraintes rencontrées en tant qu’organisme national et les propositions d’amélioration des partenariats techniques et financiers (PTF) pour maximiser l’efficacité des interventions.


Tour de table et partage des préoccupations

Un sondage préalable avait été réalisé auprès des participants, et les réponses ont alimenté des discussions animées. Les sujets abordés incluent, entre autres, l’introduction des variétés hybrides et leurs impacts potentiels sur l’agriculture locale. Les acteurs semenciers ont exprimé leurs inquiétudes quant à la dépendance croissante aux entreprises semencières étrangères, menaçant la souveraineté semencière nationale. Le consensus général visait à limiter, voire interdire, l’importation de ces variétés non adaptées aux conditions locales, tout en priorisant les semences des variétés adaptées aux contextes. Ont été présents à l’atelier, les représentants des paysans producteurs semenciers, les établissements semenciers, les contrôleurs semenciers au niveau régional, les entités de recherche, les commerçants en semences.


Un autre point crucial évoqué fut le non-respect des lois sur la qualité des semences, ce qui compromet la confiance des agriculteurs envers les fournisseurs et entraîne une concurrence déloyale entre les producteurs locaux. L’importance d’une application stricte de la législation a été soulignée, notamment à travers le renforcement des contrôles sur la distribution de semences non certifiées. Les participants ont insisté sur l’obligation pour les producteurs de se conformer aux exigences du Permis d’Activités Semencières (PAS), pour garantir la qualité et la traçabilité des semences commercialisées.

Contrôles de semences


Avec le SOC (Service officiel de contrôle des semences et plants), les acteurs de la filière semences ont réfléchi ensemble aux capacités financières et techniques des agriculteurs malgaches pour le  contrôle et la certification des semences, notamment l’uniformisation des frais de contrôles, la mise en place  d’une caisse au niveau des groupements des paysans pour la certification, etc.

Parmi les recommandations phares, l’atelier a mis en avant plusieurs pistes d’amélioration :

  • Soutien aux semences des variétés  locales : Prioriser la production et l’utilisation des espèces adaptées aux conditions agroécologiques du pays.
  • Campagnes de sensibilisation : Informer les agriculteurs sur les avantages des semences locales, en organisant des campagnes pour promouvoir l’existence des boutiques et producteurs locaux.
  • Soutien institutionnel : Le développement des boutiques et producteurs de semences locaux doit être soutenu par des politiques gouvernementales et des programmes de financement.
  • Inclusion dans les processus décisionnels : Les acteurs semenciers doivent être activement impliqués dans les prises de décisions concernant la réglementation et les politiques en matière de semences, garantissant que celles-ci répondent aux réalités du terrain.


Les défis à surmonter pour une agriculture durable

Une stratégie nationale actualisée mise en place facilitera la diffusion des variétés et espèces nouvelles
et permettra aux agriculteurs d’en tirer pleinement parti. En outre, des efforts doivent être déployés pour promouvoir la certification des semences, en assurant un contrôle plus strict de la qualité des semences distribuées, vendues ou dotées au niveau des agriculteurs.

Clôture et perspectives

L’atelier s’est conclu par une séance de questions-réponses enrichissante, où la Directrice Exécutive du CTAS a réitéré l’engagement de l’organisation à soutenir la filière semencière nationale. Elle a également rappelé l’importance de la collaboration avec les bailleurs, les autorités et les acteurs locaux pour créer un écosystème durable et résilient.


La séance s’est terminée par une photo de groupe, symbolisant l’unité et la détermination des participants à bâtir une filière semencière plus forte, plus inclusive et plus équitable. Les acteurs semenciers, réunis sous la bannière de l’interprofession F3M, sont désormais plus ouverts à une collaboration étroite avec l’État et les partenaires techniques et financiers.

La célébration de cet anniversaire ne marque pas seulement une décennie de travail acharné, mais également le début d’un engagement renouvelé pour l’avenir de l’agriculture malgache. Le CTAS, avec le soutien de tous ses partenaires, est plus que jamais déterminé à faire progresser la filière semencière pour garantir la sécurité alimentaire et la durabilité de l’agriculture à Madagascar.