Face à des défis environnementaux croissants tels que le vent rouge et la faible pluviométrie qui frappent la région Androy, le Bloc Agro-Écologique (BAE) se présente comme une réponse innovante vis-à-vis des problèmes présents. Alliant durabilité et biodiversité, cette initiative vise à garantir la sécurité alimentaire tout en respectant les écosystèmes locaux.
Une Révolution dans l’agriculture durable
Conçu en 2014 par le CTAS et le Gret dans le cadre du projet ASARA-HOBA, financé par l’Union Européenne et porté par le CTAS, le BAE représente une avancée majeure dans la manière d’envisager l’agriculture. Ce modèle repose sur un aménagement collectif, s’étendant au minimum sur 10 hectares, visant à répondre à des besoins nutritionnels, productifs et environnementaux tout en favorisant la diversité biologique.
Ce concept cherche à réhabiliter les terres dégradées, à améliorer la qualité des sols et à garantir la sécurité alimentaire par la mise en place d’espèces résistantes.

Des objectifs ambitieux pour un avenir durable
Le BAE s’engage à :
- Ré-exploiter les terres agricoles abandonnées et délaissées par les paysans pour la production alimentaire.
- Améliorer la qualité du sol et protéger les parcelles des menaces environnementales.
- Contribuer à la sécurité alimentaire et nutritive par la mise en place d’ espèces résistantes et adaptées.
Techniques innovantes au service de la productivité
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs techniques innovantes ont été mises en œuvre :
- Aménagement à Grande Échelle : L’application de pratiques agricoles sur de vastes surfaces optimise les résultats. La superficie minimale d’un BAE mis en place actuellement par le CTAS est de 20ha.
- Lutte contre le vent : La culture de brise-vent permet de réduire l’impact des vents sur les récoltes.
- Rétention d’humidité : Des méthodes de couverture du sol conservent l’humidité et préservent la fertilité.
- Diversité des cultures : L’association de différentes cultures renforce la résilience face aux ravageurs et aux maladies.
Ces techniques permettent de fournir des aliments sains et diversifiés, répondant aux besoins des communautés locales.

Autonomiser les Communautés et nourrir durablement dans le respect de l’environnement
L’un des objectifs principaux de cette initiative est de permettre aux agriculteurs de cultiver leurs propres aliments, en respectant l’environnement. Pour le CTAS, la famine n’est pas une fatalité. La clé réside dans l’autonomisation des populations locales, en les formant à des techniques agricoles adaptées à leur contexte.
En 2023, près de 5 000 hectares sont consacrés à la culture de sorgho et 11 700 hectares de mil dans le Sud malgache. Ces surfaces peuvent produire 2 500 tonnes de sorgho et 5 800 tonnes de mil, suffisant pour nourrir 30 000 familles pendant 5 mois et demi.
Des Chiffres éloquents
- 1 ha de mil : produisant entre 16 et 22 sacs de 50 kg, nourrissant une famille pendant 20 mois.
- 1 ha de pois d’angole : génèrant 14 à 20 sacs, suffisant pour une famille pendant 1 an et demi.
- 1 ha de sorgho : produisant 17 à 24 sacs, permettant de nourrir une famille pendant presque 2 ans.
Un avenir prometteur

Actuellement, les Blocs Agro-Écologiques (BAE) s’étendent sur une superficie impressionnante de 7 021 hectares. Ces parcelles agricoles, aménagées et protégées par des techniques agroécologiques mises en place par le CTAS, offrent aux agriculteurs la possibilité de cultiver leurs propres aliments de manière durable.
Chaque année, ces BAE génèrent environ 9 900 tonnes de grains, fournissant une source alimentaire essentielle. Grâce à cette production, ils permettent de nourrir près de 14 526 ménages bénéficiaires, dont environ 37 849 enfants de moins de 5 ans. Cette initiative ne se contente pas de répondre aux besoins nutritionnels des communautés, elle joue également un rôle crucial dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.
Les techniques agroécologiques favorisées dans les BAE ne se limitent pas seulement à améliorer la productivité. Elles contribuent également à la préservation des sols, à la protection de la biodiversité et à la résilience face aux changements climatiques. En intégrant ces pratiques, les agriculteurs renforcent leur autonomie alimentaire et participent à un développement durable de leur région.
En somme, cette initiative ouvre la voie vers un avenir où la sécurité alimentaire devient une réalité, et non un rêve. L’avenir de l’agriculture durable est entre nos mains, et le Bloc Agro-Écologique en est un pilier central.