À travers cette photo aérienne montrant l’avant et l’après d’un Bloc Agro-écologique dans un  fokontany d’intervention de CTAS, au cœur des zones semi-arides du Grand Sud malgache, que naissent l’espoir et la métamorphose qu’apportent les techniques agroécologiques !

Lorsqu’on entend le mot « agroécologie », les premières images qui nous viennent à l’esprit sont souvent celles des champs cultivés durablement, des techniques agricoles respectueuses des sols, ou encore de la biodiversité préservée. Et c’est bien vrai : l’agroécologie améliore la santé des écosystèmes, restaure les terres dégradées et renforce la résilience des paysans face au changement climatique.

Mais l’agroécologie, c’est aussi une source de transformation sociale et économique, qui va bien au-delà de la seule production agricole. C’est cet autre visage que le Centre Technique Agro-écologique du Sud (CTAS) souhaite mettre en lumière aujourd’hui : celui des revenus générés au niveau de la communauté… et de l’espoir redonné aux enfants.

Des récoltes aux bancs de l’école : l’impact direct sur la scolarisation

Grâce aux appuis techniques et semenciers fournis par le CTAS, de nombreux paysans ont pu améliorer leur productivité, diversifier leurs cultures, accéder à de nouveaux débouchés et générer des revenus stables.

Ces revenus, loin d’être simplement utilisés pour la survie quotidienne, sont aussi réinvestis dans l’avenir : l’éducation des enfants.

Plusieurs familles accompagnées par le CTAS témoignent aujourd’hui de leur fierté de pouvoir scolariser leurs enfants, parfois pour la toute première fois. Mieux encore, certains de ces enfants poursuivent actuellement des études universitaires, une perspective autrefois inimaginable pour leurs parents.

Témoignage des PMS disponible ici ou ici

Des centres de transformation porteurs de changement

Dans cette dynamique de développement durable, le CTAS a également créé deux centres de transformation de mil et de sorgho, aujourd’hui gérés par des associations paysannes locales: Betsimeda Mahasoa et Miray ho avotse. 

Ces centres, structurés autour de principes de bonne gouvernance et renforcés par des formations en gestion associative, permettent une transformation plus rapide et plus efficace des récoltes. Là où une production artisanale prenait plusieurs heures, il est désormais possible de transformer plus de matières premières en un temps réduit, allant au moins jusqu’à  400  kg de grains par centre par jour, augmentant considérablement la valeur ajoutée pour les communautés.

Chaque mois, les recettes générées par ces centres représentent un apport financier significatif pour les associations. Pour les membres de l’association “Miray ho avotse” par exemple, depuis son ouverture, le centre a généré en cinq mois, un revenu de 3 932 000 ariary. Plus de 100 bénéficiaires ont pu accéder aux produits transformés. Le centre a également favorisé une augmentation significative du capital monétaire de l’association. Cette activité est devenue une source de revenus régulière, favorisant non seulement l’autonomie économique des ménages, mais aussi la structuration des filières locales.

Les femmes au cœur du changement

L’impact de l’agroécologie se fait également sentir dans la promotion du rôle des femmes rurales. À travers des formations spécifiques, les bénéficiaires ont appris à transformer les farines de mil et de sorgho en produits dérivés tels que des beignets.
Grâce à cette montée en compétence, plusieurs femmes sont devenues micro-entrepreneures, vendant leurs produits localement et contribuant activement au revenu familial.

L’agroécologie selon le CTAS, ce n’est pas seulement une méthode de production agricole. C’est une philosophie de développement humain.
C’est une démarche intégrée qui crée des ponts entre sols fertiles, assiettes pleines, scolarisation des enfants, autonomie des femmes et dignité des familles.

Parce qu’un champ agroécologique, c’est aussi un terrain d’avenir pour toute une génération.