Dans le cadre de la convention de partenariat entre le projet PICAS-1 (Projet de Pôle Intégré de Croissance Agroindustrielle dans le Sud – financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) – et le Centre Technique Agro-écologique du Sud (CTAS), un atelier de formation s’est tenu les 06 et 07 mai 2025 à Fort-Dauphin avec 37 participants. Cet événement marque un tournant stratégique pour le CTAS qui s’engage de plus en plus dans la professionnalisation de la filière semencière, notamment dans le domaine encore peu exploré des semences maraîchères.
Dans le cadre du projet PICAS-1, une formation technique sur la certification des semences maraîchères marque une nouvelle avancée dans le partenariat de longue date entre le Centre Technique Agro-écologique du Sud (CTAS) et le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, à travers son Service Officiel de Contrôle des semences et plants (SOC).
Cette formation s’inscrit dans le renforcement d’une collaboration initiée depuis 2013, centrée jusqu’ici sur les activités de recherche agricole et de certification des semences vivrières dans le Grand Sud malgache, notamment sur les cultures telles que le mil, le sorgho ou encore le pois d’angole. Ces cultures phares du CTAS ont été au cœur des efforts conjoints dans la structuration et la professionnalisation de la filière semencière dans les zones arides du sud.
Avec PICAS-1, un nouveau cap est franchi : pour la première fois, les partenaires s’engagent dans le processus de certification des semences maraîchères, ouvrant la voie à une amélioration significative de la qualité des intrants disponibles pour les producteurs maraîchers. Cette initiative témoigne de la volonté commune d’étendre les mécanismes de contrôle et de certification à d’autres filières porteuses, contribuant ainsi à la sécurisation alimentaire.
Une formation au cœur des enjeux agroécologiques
Face aux défis climatiques et à la nécessité de renforcer l’autonomie des systèmes agricoles dans le Sud de Madagascar, cette formation avait pour objectif de renforcer les compétences techniques du personnel du CTAS et le Service Officiel de Contrôle des semences et plants ou le SOC des régions Androy et Anosy. Deux jours d’échanges et d’apprentissage qui ont permis d’approfondir les connaissances autour de la certification des semences maraîchères, de la législation en vigueur, mais aussi des pratiques de production végétale adaptées au contexte local.

Des thématiques essentielles au développement du secteur semencier
Les thématiques abordées durant ces deux journées ont couvert un spectre large et structurant pour
la filière :
● La législation semencière à Madagascar ;
● La réglementation de la production, du contrôle, de la certification et de la commercialisation des semences ;
● Le système conventionnel et les Semences Qualité Déclarées (SQD) ;
● Le fonctionnement du Catalogue National des Espèces et Variétés cultivées (CNEV) ;
● Le processus complet de certification des semences maraîchères ;
● Les règlements techniques spécifiques à différentes cultures : oignon, petsaï, concombre, courgette, carotte, chou, pastèque, potiron ;
● Les règles de production de matériel végétal, en particulier les boutures de manioc ;
● Les principes de conditionnement des semences et la gestion des stocks en magasins de stockage
Des résultats concrets attendus
À l’issue de cette formation, les participants sont désormais mieux outillés pour :
● Comprendre et appliquer les lois semencières malgaches ;
● Maîtriser le processus de certification des semences, particulièrement pour les cultures maraîchères ;
● Produire du matériel végétal de qualité, en conformité avec les normes ;
● Assurer une bonne gestion du conditionnement et du stockage des semences
Une étape vers l’autonomie semencière des cultures maraîchères locales
Cette formation s’inscrit dans une vision à long terme : structurer une filière semencière résiliente, durable et adaptée aux réalités du Sud de Madagascar. Pour le CTAS, il s’agit non seulement d’assurer la disponibilité de semences de qualité, mais aussi de bâtir un réseau de producteurs compétents, capables de répondre aux besoins des communautés agricoles face aux aléas climatiques. À la fin de la convention, prévue pour 2026, il est attendu que le CTAS, en collaboration avec ses producteurs semenciers et le projet PICAS-1, puisse produire et certifier au moins 4.8 tonnes de semences de cultures maraîchères. Ce volume vise à alimenter durablement les circuits de distribution locaux, tout en assurant aux agriculteurs un meilleur accès à des semences performantes, adaptées aux conditions agroécologiques locales.


